Au travers des arbitrages sur la future Réglementation environnementale 2020 du 24 novembre 2020, le Gouvernement lance une trajectoire visant à généraliser à moyen terme l’usage du bois et des matériaux biosourcés pour les maisons individuelles et les petits collectifs.

Fibre de bois, liège, laine de chanvre, paille… S’ils ne représentent encore que 3 à 4% du marché de l’isolation, les matériaux biosourcés vont devenir la norme. Avec de très bons résultats en termes d’isolation thermique, qu’en est-il de leurs caractéristiques acoustiques ? Les solutions écologiques sont-elles un bon rempart contre le bruit ?

Efficaces, mais un cadre réglementaire contraignant

En raison de la complexité des démarches administratives et du coût des homologations, l’isolation écologique s’est longtemps cantonnée au marché du particulier et des maisons individuelles. La complexité vient principalement de l’absence d’un processus de fabrication industrialisé entraînant l’absence de garantie décennale pour les artisans. Heureusement, les règles professionnelles (chanvre, paille, etc. ) permettent de s’appuyer sur des fiches de mise en œuvre validées par les hautes instances.

Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et le Cerema ont publié fin 2018 un rapport sur les propriétés acoustiques des matériaux biosourcés. 

Cette étude compile un grand nombre de tests de matériaux et de systèmes d’isolation qui soulignent la performance des isolants phoniques écologiques.

Attention tout de même à la fabrication et l’origine des matériaux, le coût (financier et en CO2) des matériaux peut rapidement gâcher une démarche vertueuse. L’approche globale de type analyse cycle de vie, également encouragée par le RE2020, doit être adoptée pour vérifier la pertinence de la démarche.

L’expertise acoustique

L’hétérogénéité des modes constructifs biosourcés conduit à une grande variété de comportements, et la simulation acoustique doit impérativement être validée par des études terrain. Dans le cas de planchers légers en logements, le simple respect de la réglementation acoustique française peut entraîner un inconfort pour les occupants. Il faut modifier les critères de jugement et aller au-delà du strict respect de l’objectif réglementaire, en particulier pour les bruits d’impact basses fréquences.” assure Christopher Blackford, responsable de notre bureau d’études acoustique à Bordeaux.
Au travers du projet d’étude ACOUBOIS, le FCBA met à disposition des concepteurs des procédés validés pour différents types de modes constructifs biosourcés.

Ces avancées viennent peu à peu alimenter les bases de données des logiciels de prédiction de la performance acoustique des systèmes INSUL de Marshall Day Acoustics (propriétés des matériaux permettant d’évaluer la performance des systèmes ou parois) et des logiciels de prédiction de la performance acoustique des bâtiments AcoubatBIM du CSTB (performance des systèmes permettant d’évaluer la performance du bâtiment), utilisés par notre bureau d’étude acoustique et par les bureaux de contrôle.

Acoustique frugale : éviter la surenchère

L’acoustique est une notion bien souvent traitée a posteriori, nécessitant souvent d’ajouter des doublages et des traitements rapportés en surépaisseur.

Inutile de préciser que la prise en compte des facteurs acoustiques dès de démarrage du projet peut orienter le Maître d’Ouvrage vers une conception optimisée.

Plusieurs projets sont en cours de réalisation par GANTHA, parmi lesquels :

  • Construction du nouveau siège de la Communauté de communes Aunis-Atlantique, à Ferrière (17) en paille et enduits en terre crue – Architecte : agence Alterlab à La Rochelle,
  • Extension du collège Saint-Laurent-Nouan (41) – Architecte : agence Crea’Ture Orléans et Poitiers
    • couverture caisson bois isolant botte de paille,
    • façade caisson bois isolant botte de paille + pare pluie extérieur en fibre de bois,
    • cloisons à ossatures métalliques avec laine de bois semi-rigide.
  • Construction du groupe scolaire Montmidi à POITIERS (86) – Architecte : agence Alterlab à La Rochelle.

L’ajout de matériaux absorbants peut également faire appel à des origines naturelles :

  • laine de coco,
  • tasseau de bois ajouré devant une laine de chanvre,
  • panneaux de liège expansé,
  • laine de mouton et géotextile.

GANTHA s’engage aujourd’hui à promouvoir les alternatives naturelles ou issues de la filière du réemploi : challengez nos ingénieurs ! Ils se feront un plaisir d’étudier vos propositions.

Un retour au bon sens

Selon Olivier Coste, directeur opérationnel chez Gantha “l’éco-construction relève moins de l’innovation que d’un retour à de vieux usages. Si leur utilisation est optimisée, de nombreux matériaux et de nombreuses techniques employés aujourd’hui dans l’écoconstruction sont issus de techniques anciennes.”

Bien que perçu comme une démarche nouvelle, le recours aux matériaux biosourcés constitue en réalité un retour à des techniques constructives peu à peu oubliées, favorisant une utilisation des ressources renouvelables disponibles à proximité. Ces ressources sont souvent des déchets inutilisés issus de la production agricole par et à destination des habitants, faisant une fois de plus le lien entre agriculture, protection de l’environnement et construction.

Sources :