Dans les projets tertiaires, les performances acoustiques annoncées des cloisons modulaires ne tiennent pas compte des fuites acoustiques. Pourtant, sur le terrain, nous constatons souvent des défauts de mise en œuvre entrainant des fuites.
Ce retour d’expérience illustre comment un diagnostic acoustique appuyé par une caméra acoustique a permis de passer d’un constat subjectif à une compréhension et une visualisation concrète des voies de transmissions parasites.

Contexte du projet

Le projet concerne un plateau de bureaux tertiaires d’environ 200 m², destiné à une activité d’assurance. L’aménagement comprend plusieurs plateaux paysagers et des bulles de réunion cloisonnées, dans un bâtiment en cours de livraison, suite à un réaménagement complet.
Les utilisateurs finaux ont rapidement exprimé un manque de confidentialité, notamment entre les postes de travail et les espaces de réunion, alors même que les cloisons modulaires installées étaient censées répondre aux exigences acoustiques attendues.


Un opérateur lors d’une mesure classique

Une problématique fréquente en tertiaire

L’objectif était avant tout opérationnel : identifier précisément les défauts acoustiques afin de mettre en œuvre des correctifs ciblés, sans dépose et repose complète de tout l’aménagement.

Ce type de situation est courant : les valeurs acoustiques sont souvent communiquées sous forme de niveaux globaux en DnT,w+C, mais elles restent abstraites pour les utilisateurs… et parfois insuffisantes pour expliquer les transmissions parasites.

Exemple de défaut de mise en œuvre – Les dalles de faux-plafond se soulèvent autour de la percussion de la cloison modulaire
Exemple de défaut de mise en œuvre – Les dalles de faux-plafond se soulèvent autour de la percussion de la cloison modulaire

Méthodologie de diagnostic

Le diagnostic acoustique s’est appuyé sur une caméra acoustique, utilisée dans des conditions similaires à la mesures normalisée :

  • une source de bruit artificiel (source de bruit omnidirectionnelle) positionnée d’un côté de la cloison ;
  • la caméra placée de l’autre côté, dans le local concerné ;
  • une analyse en situation réelle de transmission.

L’objectif est de visualiser les chemins réels de propagation du bruit.

Vidéo de la caméra en cours de mesure

Ce que la caméra acoustique a révélé

Si l’équipe d’acousticien était initialement sceptique quant à l’apport de cet outil, la visualisation s’est révélée particulièrement parlante.

Les principales fuites acoustiques ont été identifiées :

  • au niveau des jonctions plafond / cloison ;
  • entre éléments voisins de cloisonnement ;
  • sur certains joints de portes des bulles de réunion,
  • grilles de ventilation dans les portes.

La caméra a permis de matérialiser ce que les utilisateurs percevaient sans pouvoir l’expliquer : le bruit ne traversait pas la cloison « en masse », mais empruntait des voies de transmission localisées, liées à des défauts de mise en œuvre.

Un résultat concret :

Fuite acoustique par le soffite filant entre deux bureauxFuite acoustique par le soffite filant entre deux bureaux

Des correctifs ciblés et pragmatiques

Grâce à ce diagnostic, les préconisations ont pu être hiérarchisées et concentrées sur les points les plus pénalisants. Il s’agissait essentiellement :

  • d’ajustements de mise en œuvre ;
  • de réglages et reprises localisées ;
  • de la mise en œuvre de joints souples pour améliorer l’étanchéité.

L’ensemble des actions était compatible avec une intervention en site occupé, un point déterminant pour le client.

Enseignements clés

Ce cas illustre un point fondamental : pour les cloisons modulaires, la mise en œuvre est un facteur déterminant de la performance acoustique finale. Le moindre défaut peut entraîner une perte de 5 à 10 dB d’atténuation, suffisant pour compromettre la confidentialité.

La caméra acoustique a permis d’illustrer de manière concrète les voies de transmission. Elle a permis de faire le lien entre des indicateurs acoustiques théoriques et des actions concrètes pour les entreprises en charge des travaux.

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